J’ai voulu ajouter ces trois noms, moins connus dans le domaine francophone, en espérant que le plaisir de découvrir se retrouve aussi du côté des lecteurs…
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Au xxe siècle, la littérature roumaine ressemble à une énorme évasion hors de la langue maternelle. Un certain nombre d’écrivains roumains sont devenus célèbres dans le monde entier, mais pas à cause de leurs poèmes, romans ou pièces de théâtre en roumain. Paul Celan, Émile Cioran, Eugène Ionesco, Panait Istrati, Tristan Tzara, tous ont fait leurs débuts en roumain, mais ils sont connus pour leur œuvre en français ou en allemand. (…)
Mon intérêt pour la langue et les lettres roumaines a été éveillé en l’été 2001, lorsque j’ai passé un mois avec trois collègues roumains (m/f) au Collège Européen des Traducteurs Littéraires à Seneffe. Ils parlaient avec passion, humour et richesse d’un monde qui m’était complètement étranger. J’étais tout oreilles, pas le moins parce que j’avais l’impression qu’au seuil du troisième millénaire la culture à Paris battait de l’aile. Je n’avais aucune envie de rester à plat, j’étais affamé de découvrir un nouveau pays, une nouvelle langue et une nouvelle littérature. (…)
J’ai voulu ajouter ces trois noms, moins connus dans le domaine francophone, en espérant que le plaisir de découvrir se retrouve aussi du côté des lecteurs.
Jan H. Mysjkin (traducteur)
Constantin Abaluta est né en 1938 à Bucarest. Diplômé en architecture, écrivain libre professionnel, il écrit de la poesie, de la prose et du théâtre. Il se consacre aussi à la traduction et à la critique littéraire. Il est membre de l'Union des Écrivains de Roumanie et vice-président du PEN Club de Roumanie. Son œuvre a reçu des prix en Roumanie et à l'étranger. Il a publié une quarantaine de volumes originaux.
En savoir plusAlexandru Ecovoiu est né le 3 novembre 1943 à Bucarest. Après ses premières publications en 1984, il a dû attendre jusqu’en 1995 pour réapparaître avec le roman Saludos, promptement couronné du Prix de l’Union des Écrivains. Depuis, il s’est affirmé avec plusieurs livres, constamment réimprimés, notamment les romans Sta?iunea (Station balnéaire, 1997, couronné du prix de l’Académie Roumaine), Sigma (2002, couronné du prix de L’Association des Écrivains de Bucarest), Ordinea (L’ordre, 2005), Dup? Sodoma (Après Sodome, 2012, proclamé le Livre de l’Année par l’Union des Écrivains).
En savoir plusCristian Teodorescu, né le 10 décembre 1954 à Medgidia, est un écrivain, essayiste et journaliste roumain en prose.
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Ripple-marks (1976) est peut-être le plus grave des livres de Muno.
Les diplomates sont rarement maîtres tailleurs. Ils préfèrent rapiécer. En l’occurrence, ils commencèrent par mettre des pièces avant que d’y aller avec les grands ciseaux. En 1814, ils ont accommodé à leur goût les provinces du Hainaut et de Namur – on se demande bien pourquoi – mais l’année suivante ils se ravisent et remettent le tout dans son état primitif.
L’appétit de la Prusse incite ses alliés à la contrecarrer de leur mieux ; aussi, pour l’éviter sur la Meuse, quelques lambeaux de la Saxe et de la Pologne lui sont-ils tendus.
Et c’est ainsi que les diplomates, faisant alterner les sourires et les froncements de sourcils, arrivent à confectionner le nouveau royaume. À un détail près. Comme ils n’en viennent pas à bout, ils font de Moresnet, le patelin contesté, une zone neutre, abandonnant aux chancelleries le soin de trouver une solution.