Jules Destrée est incontestablement l'une des figures de proue du Mouvement wallon.
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Jules Destrée est incontestablement l'une des figures de proue du Mouvement wallon. D'aucuns comptent sa fameuse Lettre au Roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre parmi les œuvres fondatrices de la pensée fédéraliste en Belgique. Dans Derrière le miroir, Bart De Wever l'évoque comme exemple de l'« impérialisme culturel » des francophones au début du XXe siècle. Il cite l'un des passages de la lettre de Destrée (« Ils nous ont pris la Flandre »), pour illustrer la volonté d'hégémonie des francophones à l'époque. Or, Jules Destrée a précisément rompu avec une longue tradition au sein du Mouvement wallon, qui faisait de la lutte pour le maintien du français en Flandre son objectif premier. À l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance (1863), nous avons jugé opportun de rééditer ce document historique qui – c'est le propre des classiques – est maintes fois cité, mais souvent méconnu pour ce qu'il est réellement. Aussi l'accompagnons-nous d'une introduction critique, susceptible d'aider le lecteur à le replacer dans son contexte historique.
Jules Destrée est incontestablement l’une des figures de proue du Mouvement wallon. D’aucuns comptent sa fameuse Lettre au Roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre parmi les œuvres fondatrices de la pensée fédéraliste en Belgique. Dans Derrière le miroir, Bart De Wever l’évoque comme exemple de l’« impérialisme culturel » des francophones au début du XXe siècle. Il cite l’un des passages de la lettre de Destrée (« Ils nous ont pris la Flandre »), pour illustrer la volonté d’hégémonie des francophones à l’époque. Or, Jules Destrée a précisément rompu avec une longue tradition au sein du Mouvement wallon, qui faisait de la lutte pour le maintien du français en Flandre son objectif premier. À l’occasion du 150e anniversaire de sa naissance (1863), nous avons jugé opportun de rééditer ce document historique qui – c’est le propre des classiques – est maintes fois cité, mais souvent méconnu pour ce qu’il est réellement. Aussi l’accompagnons-nous d’une introduction critique, susceptible d’aider le lecteur à le replacer dans son contexte historique.
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Ripple-marks (1976) est peut-être le plus grave des livres de Muno.
Les diplomates sont rarement maîtres tailleurs. Ils préfèrent rapiécer. En l’occurrence, ils commencèrent par mettre des pièces avant que d’y aller avec les grands ciseaux. En 1814, ils ont accommodé à leur goût les provinces du Hainaut et de Namur – on se demande bien pourquoi – mais l’année suivante ils se ravisent et remettent le tout dans son état primitif.
L’appétit de la Prusse incite ses alliés à la contrecarrer de leur mieux ; aussi, pour l’éviter sur la Meuse, quelques lambeaux de la Saxe et de la Pologne lui sont-ils tendus.
Et c’est ainsi que les diplomates, faisant alterner les sourires et les froncements de sourcils, arrivent à confectionner le nouveau royaume. À un détail près. Comme ils n’en viennent pas à bout, ils font de Moresnet, le patelin contesté, une zone neutre, abandonnant aux chancelleries le soin de trouver une solution.