Nuit de guerre au Louvre. Simon, qui entre le premier, et donc à reculons, porte un manteau et une grosse écharpe autour du cou. Il tient sa serviette, peu épaisse, genre cartable, de l’autre main. Rupert, manteau SS par-dessus l’uniforme.
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Entrent Simon et Rupert, chacun tenant par une de ses extrémités un tableau encadré d’à peu près quatre-vingt-dix centimètres de large sur soixante de haut, mal enveloppé à moitié dans une couverture grise et pelucheuse. Pendant toute la pièce, on ne verra que le dos du tableau. Au revers, il peut y avoir une petite pièce de toile plus claire, comme pour réparer un ancien accident : et, à l’arrière du châssis, on aperçoit des étiquettes anciennes et un cachet de cire rouge. Simon, qui entre le premier, et donc à reculons, porte un manteau et une grosse écharpe autour du cou. Il tient sa serviette, peu épaisse, genre cartable, de l’autre main. Rupert, manteau SS par-dessus l’uniforme.
Louis-Antoine Prat est écrivain et historien d’art, il a été chargé de mission au Département des Arts graphiques du musée du Louvre de 1976 à 2016. Membre du Conseil artistique des musées nationaux depuis 1996, Président de la Société des Amis du Louvre depuis juin 2016. Avec son épouse Véronique, rédacteur en chef au Figaro Magazine, il a reçu en 2000 le prix Mont Blanc pour la Culture. Outre ses nombreuses publications, il est l’auteur de six romans et trois recueils de nouvelles, dont Belle encore (grand prix de la nouvelle de l’Académie Française en 2019).
En savoir plusRipple-marks (1976) est peut-être le plus grave des livres de Muno.
« Il n’a jamais eu l’esprit pratique, mon Augustin ! C’est un rêveur, toujours dans la lune, dans les nuages, à cogiter, à se triturer les méninges ! Aucun sens des réalités ! Sauf pour sa carrière, il faut le lui reconnaître. Là, il a su y faire. Quand on pense qu’elle a commencé ici, dans un bled comme Thagaste, sa ville natale, il y a seulement quatorze…, non, même pas, il y a treize ans. Frais émoulu professeur ès lettres. Qu’est-ce que j’étais fière de lui, moi sa petite femme, quand je le regardais partir le matin à son cours. Je me tenais sur le seuil de la maison, notre petit loustic dans les bras, et je lui disais : “Fais au revoir à papa !” »